“On est sur un vin frais, au nez de fleurs amandées, qui nous offre aussi de gourmands arômes de fruits rouges.”

Vous n’avez rien compris ? Rassurez-vous, nous non plus. Car dans la vraie vie, sauf pour épater la galerie, personne ne parle comme ça.

On vous a donc préparé une petite antisèche pour déguster un vin, et vous la péter un peu au moment d’en parler. Vous allez voir que ce n’est pas sorcier.

D’abord on regarde

Ouvrez l’œil et le bon ! Car avant de jeter le vin dans le gosier, on le regarde. Car rien qu’avec un coup d’œil, on peut deviner pas mal de choses. 

En effet, c'est en le regardant que l'on va étudier la robe du vin. C'est-à-dire sa couleur (et ses nuances), sa limpidité, son intensité ou encore ses larmes.

Pour la couleur, un vin rouge jeune aura une couleur plutôt violette. Puis, il évoluera vers le rouge et enfin l'orange (trop vieux).

Un vin blanc jeune aura une couleur plutôt verte. Puis, il évoluera vers le jaune et enfin l'orange (trop vieux).

Mais on ne parle pas uniquement de rouge, de violet ou de jaune. Souvent, on y associe une nuance. Un vin rouge sera plutôt pourpre, rubis, grenat, cerise. Un vin blanc sera jaune paille ou encore or.

À ça on peut étudier l’intensité. Un vin clair sera généralement plus frais, plus léger. Un vin sombre sera, la plupart du temps, plus fort en alcool, plus gras, plus tannique, voire plus sucré. 

Pour les plus experts, vous pouvez regarder la limpidité du vin (est-il transparent) et ses larmes (traces laissées par le vin sur le verre).

Un vin vieux n’est pas nécessairement un vin de 30 ans. Un vin taillé pour la garde peut être trop jeune au bout de 10 ans. A contrario, d’autres vins peuvent atteindre leur apogée dès la première année.

Ensuite, on respire

Bon ! Maintenant qu’on l’a bien reluqué, on peut le boire ce vin, non ? Eh bah non… car avant de le boire, on va le renifler. Rassurez-vous. Sentir un vin est parfois plus plaisant que de le boire. 

C’est à ce moment-là que l’on peut reconnaitre les arômes du vin. Parce que oui, les arômes se diffuse via l’odorat et non le goût. Essayez de manger quelque chose en vous bouchant le nez, vous verrez 😉.

Il existe des centaines d’odeurs. Mais on les regroupe en familles, telles que les fruits, les fleurs, les boisés ou encore les épices.

Vous entendrez parfois le terme « bouquet ». Il sert décrire l’ensemble des arômes d’un vin arrivé à maturation. Car le vin évolue et ses arômes aussi. 

Si vous ne sentez rien, c’est que le vin est peut-être « fermé ». Ceci arrive parfois quelques mois après la mise en bouteille. Un peu timide, le vin ne veut pas s’ouvrir et libérer ses arômes. Un passage en carafe devrait le réveiller.

Vous ne sentez pas comme les autres ? Au moment déguster un vin, vous sentez une agréable odeur de jasmin. Problème : à côté de vous les gens perçoivent de la brioche. Et bien ça n’a aucune importante. La perception des odeurs dépend de beaucoup de choses. Même de la génétique. Alors, si vous sentez le jasmin, dites-le !

Vous avez le droit de boire !

Vous attendiez ce moment : la dégustation en bouche !

Il n'est pas nécessaire d'y aller comme un bourrin. On approche doucement ses lèvres et on ne prend qu'une petite gorgée. Dans l'idéal, on ne l'avale pas comme un sauvage. On le garde en bouche et on le grume (on met la bouche en "cul de poule" et on aspire de l'air).

Le but est de percevoir les saveurs (elles sont 4 : l'amertume, le sucré, le salé et l'acidité), les arômes et les sensations tactiles (tanins, picotements...).

La bouche du vin se décompose en trois étapes :

  1. L’attaque. C'est la première impression du vin en bouche. Elle peut être franche, faible ou fuyante. Les saveurs comme le sucré ou l'acidité s'expriment lors de l'attaque.
  2. Le milieu de bouche. On rentre un peu plus en détail dans les sensations. C'est à ce moment que l'on peut étudier l'équilibre du vin. On dit qu'un vin est équilibré lorsque aucun élément (acidité, tanins, teneur en alcool...) ne prend le dessus sur les autres. Il y a une harmonie parfaite. 
  3. La finale. Une fois que l'on avale ou recrache le vin, on se concentre sur les sensations qui persistent. On analyse ainsi la longueur en bouche (combien de temps les sensations persistent). 

La longueur en bouche s'évalue en Caudalie. Une Caudalie = une seconde. Nous aussi, on se demande pourquoi ils n'ont pas utilisé le mot seconde 🤔.